Le Bénévole...

           

               Le Bénévole

   Le bénévole, du latin activus benevolus, est un bipède que l’on peut rencontrer encore aujourd’hui dans les forêts associatives où il se réunit avec ses congénères.

   Les bénévoles se rassemblent grâce à un signal mystérieux appelé "convocation" (du latin invitatiem causcommunum). Avec de la chance, on peut le voir isolé ou en petit groupe dans certaines clairières, souvent au crépuscule et jusque tard dans la nuit. L’œil hagard et le teint blafard, discutant ferme sur la meilleure façon d’animer les autres populations des bois et de trouver les moyens de survivre.

  Mais le bénévole est une race en voie de perdition qui a deux ennemis.

  L’un tout d’abord héréditaire : le "YAKA" appelé aussi "FAUQUON" dont les origines n’ont pu être à ce jour déterminées et qui est aussi un mammifère bipède. Le "YAKA FAUQUON" se caractérise par un moyen d’expression limité qui ne lui permet d’utiliser pratiquement en permanence que deux mots : "YAKA" ou "FAUQUON", d’où son nom.

Le "YAKA", bien abrité dans les fourrés, attend. Il attend le moment où le bénévole fera une erreur, un oubli, pour se manifester et lancer son célèbre ululement que les naturologues n’ont pu traduire finalement que par un mot : "Fallépafairça" !

Ce cri répétitif et lancinant, finira par atteindre sa proie et provoquera chez elle une maladie très grave : le découragement (du latin ralesbollus découragem). Les premiers symptômes de cette implacable maladie sont rapidement visibles et se caractérise par une évidente perte de dynamisme, une baisse tangible du taux d’envie et surtout une absence de plus en plus fréquente aux réunions.

   Le deuxième ennemi du bénévole, probablement plus dangereux que le précédent, vient aujourd’hui d’un virus, encore inconnu il y a quelques années et que les scientifiques ont désignés par le sigle "TAT" (Tracasserie Administrato-Technocratique).

Ce virus est transmis par une race en voie de développement qu’on appelle les élus fonctionnarisés, dont la devise est : "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué" et dont le but non avoué est de réduire au bout du compte, la population des bénévoles, qu’elle trouve trop nombreuse à son goût et encombrante. Et par ce virus, le bénévole déclare la même maladie qu’avec le "YAKA".

 

   Décimé par le découragement, le bénévole risque de disparaître et de récentes statistiques montrent, à l’évidence, qu’il n’est pas impossible que dans quelques années, on rencontre cette espèce uniquement dans les zoos où, comme tous ces malheureux animaux privés de liberté, ils n’arrivent plus à se reproduire naturellement. Alors, les "YAKA" et les  "TAT" viendront les voir le dimanche pour tromper leur ennuie, se distraire et on se rappellera, avec nostalgie, du temps pas si lointain, où le bénévole abondait et où les forêts étaient en fête !

 

Par Gé Mollard,

Président du Carpe Diem MC.

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